INDONÉSIE, octobre 2001

18 août 2001....650 milles après avoir quitte Darwin , dernière ville de l'Australie, et traverse la mer de Timor, nous arrivons à l'aube en Indonésie. De chaque côté d'un chenal parsemé de petites lumières de pêcheurs, de hauts volcans éteints et d'autres qui fument encore. Dans de frêles embarcations multicolores qu'on arrive à peine a percevoir , on entend crier en avant du bateau....celui-là n'a pas de moteur hors-bord. Il faut le contourner. De chaque côté, on entend pétarader des moteurs diesel, 1 cylindre. Une embarcation se dirige droit vers nous. À la dernière minute, elle fait un virement de bord rapide...Il est venu se débarrasser des mauvais esprits, qui sont la cause d'une mauvaise pêche, sur le gros bateau étranger blanc...On va sûrement en avoir une couple à débarquer avant de quitter le pays.

"SELAMAT SIANG"(bonjour)
"APA KABAR ?" (Comment allez-vous ?)
"NAMA SAYA GUYLAINE"
"SAYA DARI CANADA"
Autrefois, il y avait 600 langues indonésiennes. Maintenant, il en reste autant que le nombre d'ethnies, autour de 350. Certaines langues sont donc prédatrices. Quand la langue tribale ne paie plus, ne valorise plus l'identité...on l'abandonne. Le bahasa indonésia est maintenant la langue officielle. C'est celle qu'on apprend à l'école. C'est une langue dérivée du malais.

LES VOLCANS DE L'INDONÉSIE

Ils sont nombreux et dominent le paysage car une chaîne traverse le plus grand archipel du monde. Ils ont jusqu'à 3800 mètres d'altitude. Ils sont à la fois, la bénédiction et la malédiction de l'île : "Sur les laves de la colère pousse le jardin des délices . Sur les terres fécondées par la lave, s'exhale le parfum des épices, fleurissent les orchidées".
3:30 am. Un guide vient nous réveiller à notre chambre d'hôtel. Nous sommes une vingtaine à escalader le volcan Batur (1700 mètres) afin d'y voir le lever du soleil. Munie de sa lampe de poche, Virginie est la plus jeune du groupe. Au pied de la montagne, j'éclaire un panneau sur lequel on demande aux femmes enceintes ou menstruées de s'abstenir de monter. Après 2 heures de marche, nous voici au sommet. Les guides préparent le petit déjeuner dans la cabane qui nous protège du vent froid. Le panorama est joli. Ce volcan est toujours actif et possède un cratère de 11 kilomètres de diamètre. En bas, le lac Batur aux couleurs pastel est recouvert d'une fine brume. Tout le monde se demandent comment Virginie a monté jusque là. Les Indonésiens la surnomment "Strong Baby".

LA PETITE BLANCHE QUI PORTE CHANCE

Virginie était très populaire lors de nos marches quotidiennes dans les petits villages de l'île de Flores. Un attroupement d'au moins 30 enfants, suivis de quelques chèvres, nous accompagnaient, en rigolant. Les gens ont la peau dorée. Les femmes sont minces et pudiques, drapées dans des sarongs. Certaines transportent nourriture et eau sur leur tête. Les vieilles dames sont voûtées mais alertes. Elles accourent vers Virginie, afin de la toucher. Elles croient que toucher un étranger blanc va leur apporter chance. Virginie n'aime pas trop. Ces dames lui font un peu peur car elles ont la bouche remplie d'un jus de couleur orange brûlé. La noix de bétel qu'elles mâchouillent toute la journée leur colorie aussi les dents. Les hommes caressent leur coq de combat en fumant leur cigarette qui dégage une odeur de clous de girofle.

FLORES

Cette île est située à l'Est de l'archipel. On est surpris par la clarté de l'eau et les beaux coraux, mais, ce corail subit à certains endroits des transformations que l'on voit pour la première fois : il est tout égrené. Normalement, ce sont les cyclones ou la pollution qui détruisent le corail. Ici, se sont des explosifs...Les pêcheurs les utilisent comme technique de pêche. Les poissons ébranlés par l'onde de choc, se retrouvent en surface, près à être ramassé. Triste technique n'est-ce pas ?

LA NAVIGATION en Indonésie

Tout le monde nous l'avait dit, la navigation en Asie du Sud-Est se fait au moteur à 75% du temps. Le vent, il arrive lors des dépressions ou juste avant un orage. A part les orages qui nous tiennent éveillés lorsqu'on fait de la navigation de nuit, ce n'est pas difficile de naviguer en Indonésie. Les cartes marines sont vieilles mais le C-map est assez précis. Les aides à la navigation sont très limitées. On en retrouve seulement dans les entrées de ports importants. Seuls petits inconvénients : l'eau est profonde tout près des îles, il faut donc mouiller dans 20-30 mètres d'eau. Les mouillages sont souvent rouleux. Aussi, on rencontre toujours un courant contraire à chaque période de navigation. Entre les îles, le courant peut monter jusqu'à 5 nœuds et nous obliger à longer la côte afin d'utiliser le contre-courant.

LES MUSULMANS

À l'aube, a midi, en milieu d'après-midi, au coucher du soleil et à la tombée de la nuit (5 fois par jour), les musulmans se mettent face à la Mecque (l'équivalent de notre Vatican) et récite la prière requise. L'appel a la prière, c'est le solo le plus étonnant que l'on entend lorsqu'on arrive en Indonésie. Ce chant sort des haut-parleurs de la mosquée que l'on aperçoit du bateau, avec ses dômes argentes qui brillent au soleil. Ce chant qui nous attire à l'extérieur du bateau était relaxant....avant le 11 septembre dernier. Depuis, tout ce qui concerne les musulmans est intriguant. L'Indonésie est le pays où vivent le plus grand nombre de musulmans dans le monde : 90% de sa population de 210 millions est convertie à l'Islam. Le terme "Islam" signifie "paix" ou encore "se rendre" et pourrait se traduire par "la paix venant de la soumission à Dieu." Les Indonésiens sont très religieux. De plus, ils superposent leur religion aux vieilles croyances telles que "l'animisme" c'est à dire qu'ils attribuent des âmes à des objets.

LA VISITE DU SAMEDI SOIR

Nous étions le seul bateau au mouillage devant un petit village musulman. Vers 22 heures, alors que nous sommes couches, un bateau-moteur s'approche éclairant notre bateau avec une lumière très forte. Ils sont 4 hommes, début vingtaine, portant des habits militaires et de camouflage défraîchis tels qu'on en voit rue Ste-catherine les fins de semaines. Deux d'entre eux tiennent chacun une mitraillette. Ils ne savent que 2 mots en anglais :"police et passeport". On n'a donc pas le choix que de les inviter à bord. Ils ont l'air de n'importe quoi sauf de polices. Les 2 gars armés s'assoient dans le cockpit. Je reste à l'intérieur. En Indonésie les femmes ne discutent pas. Elles se taisent et laissent les hommes parler des choses sérieuses. Je ne parle peut-être pas mais j'ai le cerveau qui marche à cent à l'heure car je crois que ce ne sont pas de vraies polices. C'est le même bateau qui est venu rôder autour de nous dans l'après-midi. Ils ne demandent pas de vérifier notre visa et ne connaissent même pas l'existence du permis de croisière. Je prépare tout ce qu'il faut pour faire un "MayDay" au cas ou ça tourne mal. De la chambre de Virginie, je surveille la scène par l'écoutille entrouverte. La mitraillette est dans mon champs de vision. Ghislain a montré tous les papiers et il ne se passe plus rien. Il leur répète à plusieurs reprises :"Bon, alors tout est beau, tout est en règle?" pas de réponse....Tout a coup, on entend la vraie raison de leur visite :"Do you have something to drink?" Après leur avoir demande d'inscrire leurs coordonnées sur un papier, on leur donne chacun une bière. Ils veulent la boire avec nous. On leur fait signe que nous voulons dormir maintenant. Ils quittent le bateau aussi doucement que lorsqu'ils sont arrives. Ouf !!!L'adrénaline redescend. Sur le papier, leur numéro de bataillon, leurs noms et numéros de téléphone sont inscrits....

LA GUERRE A TIMOR

Vous avez sûrement tous entendu parler de la guerre civile qui se déroule à l'île de Timor depuis plus de 25 ans et peut-être que, comme moi, vous n'avez jamais eu une réelle explication de la situation. Voilà :
En 1975, les Portugais se sont retirés soudainement de l'Est de cette île après l'avoir dominée pendant 300 ans, sans avoir préparé le territoire pour son indépendance. Les indonésiens veulent posséder l'Est de Timor à cause de son sol riche en pétrole. Aussitôt, l'Ouest indonésien a envahi le territoire voulant l'incorporer à l'Indonésie comme 27ième province. Les indonésiens d'Est Timor ont résisté. Depuis, 200,000 d'entre eux, le tiers de leur population, ont été tués.
Les États-Unis et la Grande-Bretagne ont vendu à Jakarta (le gouvernement), les armes qui ont servi à tuer la population civile et chasser la résistance militaire qui se cachait dans les montagnes. L'Australie, le voisin le plus près et le plus important de l'Indonésie, à porter secours à la population d'Est Timor afin d'avoir des avantages sur les réserves de pétrole de la mer de Timor. L'Australie a aussi fait reconnaître à Jakarta que l'annexion d'Est Timor était illégale. Les Australiens se sont impliqués dans la défense des droits humains car la façon dont les civils étaient tués a été décrite comme les pires atrocités depuis l'Holocauste.
En 1996, les indonésiens de Timor-Est ont gagné la bataille juridique et 2 ans plus tard, la chute de Suharto, l'ancien président, a contribué à régler le conflit. Timor-Est est maintenant une province de l'Indonésie qui a reconnu sa souveraineté et son indépendance. Cependant, un certain climat de violence continue et des militaires d'un peu partout, dont le Canada, font des séjours réguliers sur le territoire afin d'y faire régner l'ordre.
Nous ne sommes pas arrêtés sur l'île de Timor.

UNE PETITE TOUCHE D'HISTOIRE

Les Portugais ont envahi l'Indonésie il y a 500 ans. Les Hollandais l'ont occupée il y a 200 ans et les Japonais pendant la 2ième guerre. L'Indonésie est finalement devenue indépendante il y a 50 ans. Il n'y a que la religion qui n'a pas change. Si on la superposait au dessus du Canada, elle s'étendrait de Vancouver à Montréal.

LES DRAGONS DE KOMODO

Autrefois, on a rapporté des histoires de lézards féroces aux énormes griffes, aux dents redoutables et à la terrible langue jaune. Ils sont les plus gros reptiles du monde. Les varans de Komodo peuvent atteindre 3 mètres de long et un poids de 140 kg. L'Indonésie est le seul endroit au monde ou l'on retrouve ce reptile préhistorique dans son habitat naturel. Leur population de 1500 est protégée. On en a observé plusieurs lors d'une randonnée guidée. Attention, ils peuvent manger un buffle. Ils ne tuent pas leur proie instantanément. Ils surprennent l'animal pendant son sommeil en lui faisant une sérieuse morsure qui s'infectera par la suite. Ils ont constate qu'une morsure dans les testicules d'un buffle était la façon la plus rapide de déguster l'animal. Le dragon va suivre sa proie blessée pendant 1 semaine, ou elle va mourir des suites d'infection.

BALI

Parmi les 13,677 îles de l'archipel de l'Indonésie, il y a une île que tout le monde a déjà entendu parler : BALI. Tout ce que j'avais lu sur Bali était superlatif : la raffinée, la douce, la sublime, fascination, magie de la danse etc. C'était peut-être vrai il y a 10 ans. D'après les gens, Bali ce n'est plus ce que c'était....
Il faut dire, que la vision des gens de bateau, qui arrivent par la mer, est très différente des touristes qui arrivent par avion et se dirigent dans les plus beaux "resorts" de l'île et passent 2 semaines dans un décor enchanteur , souvent artificiel.
La marina de Bali est probablement la pire qu'on ait vue : eau dégueulasse et des rats qui s'y promènent au point qu'il fallait mettre des moustiquaires ou fermer toutes les ouvertures du bateau.
Voici une description de la zone Sud de Bali, la plus touristique, celle des plages :
Plages ordinaires (sauf celle de Kuta Beach) encombrées de marchands ambulants, des arnaqueurs, des masseuses et agents de change. Surabondance de kiosques à souvenirs bas de gamme et de snack-bars ou c'est préférable de ne pas marcher en fin de journée car on arrose le trottoir et la rue au boyau d'arrosage. Senteur nauséabonde à l'approche des restaurants. Clubs de nuit et activités nocturne à volonté. Musique américaine à fond la caisse. MacDo et KFC en abondance pour ceux qui ne veulent pas se payer une "tourista".
Les commerçants veulent tous porter un nom anglais. Tout est exploité à fond.
Sur les boulevards, les motos, souvent avec toute la famille dessus (le père, la mère et 2 enfants), circulent à 5 de large dans les rues. La capitale de Bali : Denpasar (1 million d'habitants), je n'ose même pas en parler.
Heureusement, l'île reprend son charme dès qu'on sort de cette zone : des rizières en terrasses, à flanc de montagnes. Des vallées de plantation dans tous les tons de vert imaginable. Le paysage est de toute beauté. On voit des hommes qui labourent en marchant dans la boue jusqu'aux genoux, derrière une charrue tirée par les bœufs. De jolis petits villages et des centaines de temples . Une vie constamment dominée par la prière et les offrandes: les femmes transportent des offrandes sur la tête (Les offrandes servent à calmer les colères des mystérieuses divinités).
On fait des rites, des cérémonies et parfois des sacrifices pour chaque phase de la croissance du riz.

LE LIMAGE DES DENTS

Le limage des dents fait partie des rites des Balinais. Il chasse les démons du corps : les prêtres liment 3 fois de suite, les dents des "victimes". Après chaque opération, les parents vérifient les résultats avec soin : canines et incisives doivent être parfaitement alignées. Ce rite va bannir les forces animales de leurs corps avant le passage à l'âge adulte. Les 6 mauvais esprits à chasser de leur corps sont : paresse, indifférence, indécision, jalousie, luxure et amour des biens matériels. Maintenant débarrassés de leurs dents pointues, les jeunes vont pouvoir se marier sans problème.

LES DANSES BALINAISES

Ces danses demandent des années d'apprentissage et de répétition. Parmi les quelques 200 danses balinaises, je vous décrie celles qu'on a vues : Les costumes sont très colorés, très ajustés sur le corps et remplis d'ornements et de dorures. On met une grande importance à l'expression du visage: Les regards sont intenses.... Les déplacements sont lents...On contorsionne les poignets et les doigts effilés, avec une grande souplesse. Leur moindre mouvement est important....On dirait que leur posture est contre nature... Leurs gestes sont stylisés à l'extrême.
La danse est étroitement liée au théâtre et à la comédie, par exemple on va mimer le jeu de séduction entre deux bourdons. Les mouvements sont précis et amples. Soudain, le rythme change brusquement mais il n'y a aucun saut. On alterne les bruits très sourds et les périodes de silence. Il n'y a aucun contact physique entre les danseurs.
Il paraît que certains spectacles se transforment en rituel d'exorcisme. Les danseurs en transe donnent vie aux personnages. On veux se débarrasser des esprits démoniaques. J'ai lu qu'ils allaient même jusqu'à se mettre des poules vivantes dans la bouche.

BORNEO

Cette île géologiquement très ancienne, appartient à l'Indonésie en grande partie, mais le Nord-Ouest et le Nord appartiennent à la Malaisie et au sultanat de Brunei. Ses sommets sont recouverts par la jungle. Elle est très riche en pétrole et en pierres précieuses (les diamants), mais le but de notre visite à Bornéo est de voir, dans leur milieu naturel, les animaux les plus célèbres de l'île : les orangs-outans (singes bruns-roux à long poils). Orangs-outans signifie "habitants de la forêt" en malais. L'espèce est en voie de disparition. D'une population de 30K, ils ne sont rendus que 10K et vivent tous en Indonésie. Les femelles ont un petit qu'à tous les 6 a 8 ans.
Un guide nous conduit dans une embarcation rapide, à 25 milles à l'intérieur des terres, le long d'une rivière sinueuse, bordée de chaque cote, d'une haute végétation luxuriante. Cette partie de Bornéo est marécageuse. Nous voici rendu au Camp Leakey. Ce camp a été fonde par une canadienne afin de réintégrer dans la nature, les bébés orangs-outans devenus orphelins ainsi que ceux qui ont été autrefois kidnappes, sortis clandestinement de leur milieu naturel. Ils ont été transportés en Europe ou aux États-Unis et achetés à prix d'or. Pour ces gens, ils demeurent des animaux domestiques de prestige. Donc, après avoir été confisques ou rapporte volontairement au camps, on les réadapte à vivre dans leur environnement tropical. Des bénévoles de partout dans le monde, surtout des jeunes dans la vingtaine, viennent y travailler. Toute la journée, on observe les singes. Ils viennent à quelques mètres de nous et certains petits (des gibbons) veulent jouer avec Virginie. En voici un qui s'est fait voler sa casquette et une autre qui s'est fait vider son sac à dos.
Et voici la célèbre "Princesse". Elle est connue dans le monde pour avoir parue dans le "National Geographic". Elle est intelligente et a appris le langage des signes. Habituellement, elle donne la main à tout le monde et est très douce et gentille. Mais, aujourd'hui, il ne faut pas l'approcher. La semaine dernière, elle a donne la main à Linda, une canadienne que l'on connaît et tout à coup, sans raison, lui a mordu une cheville et sectionne une veine. Linda est sous antibiotiques. Pourquoi ? Princesse est enceinte et comme les humains, subit un dé-balancement hormonal. Aussi, elle est entourée de femelles qui sont agressives et subit leur mauvais exemple.
Au retour dans la rivière, il y a une centaine de singes : des nasiques (singes au long nez pendant, l'air comique) qui se balancent d'un arbre à l'autre et des macaques.

Pendant qu'on regarde les singes faire leur simagrées, la guerre vient de commencer en Afghanistan. On est plus près de la zone des Talibans que vous au Québec, et pourtant, on dirait que cette guerre est dans un autre monde. On n'a pas d'informations sauf celles que nos amis ont la gentillesse de nous communiquer par Email. L'attitude des indonésiens n'a pas changé envers nous. Ils sont gentils et personne n'aborde le sujet délicat. Après les évènements de la WTC, ils démontraient leur sympathie envers les américains qui voyagent avec nous. Cependant, à Jakarta, ça brasse. Les musulmans font la chasse aux américains....À Jakarta, ça brasse à l'année longue....On n'ira pas sur l'île de Java ni Sumatra.

On traverse l'ÉQUATEUR pour la seconde fois.....La première fois qu'on traverse l'Équateur en bateau, il faut faire une petite cérémonie spéciale : il y en a qui font une espèce d'initiation, d'autres qui reçoivent un certificat délivré par Neptune, nous, on avait bu une bouteille de champagne. C'était juste avant les Iles Galápagos, en février 1999. Cette fois-ci, on s'est tapé une orage du ...tonnerre....Voyez-vous ! l'Équateur est situé dans une zone de perturbance qu'on appelle "le Pot au noir", ce terme, vous l'avez sûrement déjà entendu si vous suivez les skippers des grandes courses du monde qui appréhendent le "Pot au noir" autant qu'un cyclone. De Bornéo jusqu'à Singapour, on s'est tapé le "Pot" , en allant vers l'Ouest. À tous les jours, le même scénario...plus de vent...le calme plat...le ciel devient très noir...le vent monte très fort et change souvent de direction et tous les ingrédients d'un orage électrique s'ensuivent. Il faut tout débrancher l'électronique, sauf le pilote automatique et le GPS. Et, ne riez pas, on met les ordinateurs portables dans le fourneau du poêle. Il paraît que c'est un bon isolant.

Si on s'est plaint de ne pas avoir une goutte de pluie pendant des mois, la c'est le déluge à tous les jours. Je n'ai plus d'excuses pour ne pas faire le lavage du linge à la main car, depuis qu'on est en Asie du Sud-Est, il n'y a plus de laveuses automatiques disponibles le long des côtes, ni dans les marinas. Ca ne fait pas partie de leur culture....ouais ! On a demande a Virginie de porter ses bobettes sur les 2 bords afin de réduire le linge a laver....Elle trouve que ça ne fait pas partie de sa culture....

Voilà, c'est sous 30 degrés de chaleur, et plus de 80% d'humidité, le soir, que je vous ai écrit ces quelques lignes. C'est la température normale de l'Indonésie à cette periode de l'année. La nuit, il n'y a aucun vent et des maringouins assez souvent. Il faut dormir sous les moustiquaires car il y a la malaria. Les pilules pour la malaria nous rendent un peu nauséeux le matin. Heureusement qu'on n'a pas à se lever pour aller travailler le lendemain.... Le bulletin de nouvelles du ministère des Affaires extérieures, que l'on reçoit par Email à chaque semaine, recommandent aux canadiens en Indonésie de quitter le pays. De l'autre côté du détroit, on aperçoit les gratte-ciels de Singapour....Un peu d'air climatisé dans les magasins va nous faire du bien.

Bye tout le monde !

L"Oasis 9