Voici quelques messages personnels reçus de différents bateaux (Ekaza, Odilon, Captaine Punch, Dalaï...) ce n'était pas un courrier destiné à la grande diffusion... Mais il recèle des renseignements disséminés dans le courrier Arrivée à Fatu Hiva (Ekaza) Fatu Hiva. La baie de Hanavave ou baies de Vierges est grandiose, les roches évoquant le symbole de virilité sont bien là. Pour la petite histoire les marins l'avaient baptisée "baies des verges" mais les missionnaires ont tôt fait de rajouter un "i" pour être plus conforme à leur morale !! Sur Fatu Hiva on ne ressent pas trop la houle car le mouillage est exposé à l'ouest mais il est en face d'une vallée profonde et soumis à des rafales de vent surprenantes, l'effet venturi vous connaissez !! Nous quittons demain Fatu Hiva pour Hiva Oa. On ne nous donne pas plus de jours ici car nous n'avons pas fait notre entrée et ça ne plait pas.... aux gendarmes !! Par contre les habitants ici le déplorent pour leur petit commerce. Dans les textes et la tête des gendarmes de Hiva Oa il est interdit de s'y arrêter avant d'avoir fait son entrée à Hiva Oa. Un bateau nous avait dit, suite à son expérience, qu'on pouvait s'y arrêter puis telephoner aux gendarmes en faisant le 17 pour les prevenir. Ce n'est plus vrai, il semble qu'il y ait eu un changement de têtes et nous nous sommes fait "engueulés" lorsque béatement nous nous sommes mis dans la gueule du loup..... Le gendarme en question voulait nous faire revenir de suite mais il a un peu réfléchi que l'on ne pouvait faire son entrée, "la première touchée" comme on dit ici, que le lundi matin de 7h à 11h et nous étions vendredi à 11h30. Alors royalement il nous a dit "on vous attend lundi matin" !! Autre circonstance agravante pour nous, un autre bateau avait posé la question aux gendarmes de Nuku Hiva qui avaient dit que c'était possible..... mais voilà Fatu Hiva dépend de Hiva Oa et ceux de Nuku Hiva n'ont rien à dire..... Comment comprendre que les gendarmes de 2 iles des Marquises n'ont pas le même langage ?? Ceci dit nous avons rencontré des voiliers qui se sont arrêtés sans rien dire et qui n'ont pas été inquiétés mais nous avons aussi appris que si on nous trouve la-bas nous avons 200 euros d'amende.... Lorsque le lundi matin nous nous sommes présentés à la gendarmerie c'est une gendarmette qui nous a reçus gentiement et nous n'avons pas vu celui qui nous avait répondu. Quand vous arriverez à Hiva Oa vous n'etes pas obligés d'aller tout de suite faire vos formalités, on dit toujours qu'on a 48h et au port les gendarmes ne viennent pas. Nous profitons bien de Hiva Oa. Les gens sont agréables, il y a quelques visites à faire liées à Gauguin et Brel, le village est coquet mais à 4 km du port où nous sommes. Quelquefois on nous prend en stop si la voiture n'est pas pleine. Nous avons loué une voiture une journée pour aller vers la côte nord tres decoupée et surtout visiter le site archéologique de Puamou. C'est de la piste on loue un 4x4 suzuki pour...108 E. Les paysages sont époustouflants ! Pour internet il faut aller à la poste, il y a un poste et le wifi et il faut acheter une carte qui coute 1980 CFP soit 16,50 E pour 3h de connection. Nous avons aussi acheté une carte SIM avec le reseau GSM local pour 4400 CFP !!! Tout est sur la meme echelle ! captaine punch Nous avons effectué une traversée ventée par mer formée de 21 jours et 9h, en moyenne presque 150 miles par jour, tout à la voile. Les six premiers jours nous avons fait 1015 miles, ce qui est un record pour notre bateau. Des pèriodes de grains, des pèriodes de soleil, un ciel souvent nuageux. La nuit pantalons longs et polaire... Merci encore pour toutes les vacations radio de la traversée. Le jeudi 10 juillet en fin de journée nous arrivons sur le sud de l'île de Fatu Hiva, l'île la plus sud des Marquises. L'île nous est apparue comme une masse sombre, rectangulaire avec les deux côtés tombants verticalement à angle droit du sommet et beaucoup plus petite que ce à quoi nous nous attendions, nous avions l'impression que nous pouvions prendre toute l'île dans nos bras, après tous ces jours d'océan c'était tout simplement fabuleux! A la tombée de la nuit nous jetons l'ancre dans la Baie des Vierges. Nous voici aux Marquises, il nous faudra du temps pour réaliser où nous sommes! Mouillage impressionant, à la hauteur de sa renommée. Le seul voilier qui était déjà dans la baie à notre arrivée a la bonne idée d'appareiller le matin, nous serons seuls pendant deux jours, le rêve. Par contre pluie, averses et rafales descendant des montagnes ne nous quitterons pas et ce n'est que le matin où nous appareillons pour Hiva Oa située à une quarantaine de miles dans le nord, que le soleil est réapparu mais nous reviendrons pour visiter cette première île. Nous sommes maintenant sur l'île de Hiva Oa, dans la baie de Tahauku qui constitue le port du village d'Atuona, "capitale" des îles du sud. Nous y avons passé le 14 juillet profitant des festivités locales. Le village étant situé à 3 à 4 kilomètres du mouillage, voilà l'occasion de marcher ou d'être pris en stop. Tout autour c'est magnifique, montagnes, pics, lignes de crêtes, végétation luxuriante! Il faut savoir que juillet et aôut sont les mois les plus pluvieux ici. On comprend la végétation luxuriante...le bon coté: les pamplemousses et les citrons se ramassent à la pelle, on en profite, il suffit de se baisser ou de secouer quelques branches avec la bénédiction des propriétaires qui nous offrent tous ces fruits. Hier l'équipage d'un voilier distribuait aux quelques autres voiliers des régimes de bananes qu'un marquisien lui avait donnés, son truck en étant rempli. Les Marquisiens sont affables et souriants, un plaisir, ils ne semblent pas connaitre le mot stress... Demain nous partons en excursion dans l'île avec une voiture louée en commun avec un voilier ami, le soleil devrait être de la partie. Hiva Hoa A Hiva Oa la houle n'est que de 1,50m et nous en sommes contents car bien que ce mouillage soit bien protégé cette vicieuse arrive toujours à se frayer un chemin. D'abord journée dédiée à Jacques Brel et Gauguin, espace culturel et cimetière. J'ai été tres surprise par la sobriété de la tombe de Brel. A part la stele ce n'est que terre et cailloux et d'ailleurs les touristes du paquebot "Paul Gauguin" l'ont complètement ignorée. Aujourd'hui nous avons loué une voiture pour aller dans le NE de l'ile à Puamau où il y a un site archéologique très important au niveau de la civilisation marquisienne d'avant l'arrivée des europeens. Nous y avons vu entre autre des Tikis et ces statuettes reproduites en bois local ont retenu toute mon attention... Toute le route est extraordinaire ! Dans la suite du feuilleton "vie chère en Polynésie" la location du petit 4x4 suzuki pour 24h est de 13000 CFP soit 108 E !! Mais on ne regrette pas c'est tres tres beau et sinon c'est comme tu dis "un cadeau qu'on ne peut pas ouvrir" !! Nous aurions pu partager avec 2 autres personnes mais nous sommes avec 2 bateaux français qui ont 2 et 3 enfants et dont la caisse du bord est au plus bas.... c'est aussi le meme cas pour un couple irlandais et un suisse qui a dû payer une caution n'étant pas de l'UE Voici bientôt une semaine que nous avons quitté le mouillage de Hiva Oa pour une traversée de 10 miles qui nous a conduit sur l'ile de Tahuata juste au sud. La baie de Hapatoni, un village "génial" le mouillage aussi est fantastique car calme ce qui est rare aux Marquises et au pied d'une falaise de verdure. C'est la première fois que nous sommes si longtemps sans pouvoir recharger nos bouteilles DE GAZ, nous avons un espoir à Nuku Hiva sinon ça va compromettre nos arrêts aux Tuamotu. Etape suivante la baie de Hanamoenoa, un des plus beaux mouillages des Marquises dit-on car sable blanc, cocotiers et eau bleue. Après une petite nuit de navigation pour 68 miles nous sommes à Ua Pou, une ile du nord à 25 km de Nuku Hiva. Accueil charmant par le gendarme, port bien abrité, village à voir, ballade possible dans l'ile à pied, à cheval ou en 4X4, visite de plusieurs sites archéologiques. J'ai donc aux Marquises de quoi contenter mon gout pour les vieilles pierres, elles sont ici en basalte ou en tuf rouge, les sites sont des "meae" ou lieu de culte, "Tohua" lieu de rassemblement public ou des "pae pae", terrasse en pierres sur lesquelles on construisait les maisons des chefs. Et puis il y a les "Tikis", statuettes de guerriers, d'ancetres importants, toute une histoire assez bien mise en valeur aux Marquises depuis l'existence d'un festival culturel tous les 4 ans. Mais que de gachis avec nos missionnaires !! En juillet c'est la fête partout en Polynésie, ce soir ici danses locales et baraques avec restauration, on répete en ce moment sur la plage et les corps ondulent.... La grande différence avec Guadeloupe et Martinique est une population faible et dispersée voire isolée ce qui explique aussi peut-être la gentillesse. Quand on demande des fruits on va nous en cueillir et on ne veut pas qu'on paie.... Les parfums des fleurs ne sont jamais loin, devant la maison, sur les pistes ou sur les personnes en colliers, couronnes ou simplement une derrière l'oreille. C'est leur façon de se parfumer ! Les villages sont toujours tres bien entretenus souvent de façon communautaire et on s'entraide aussi pour la construction de la maison nous a-t-on dit à Hapatoni ! Autre changement, on ne cadenasse plus l'annexe au ponton..... l'eau est disponible gratuitement au ponton ou au village... UA POU Nous avons encore profité des fêtes du Heiva, danses chants et orchestres cette fois ci. Ua Pou est l'ile d'où a été lancé le festival des Marquises qui a lieu maintenant tous les 4 ans et qui a beaucoup aidé à retrouver la culture traditionnelle des Marquisiens, celle que nos missionnaires se sont empressés d'éteindre... Donc ile tres riche sur le plan culturel et le maire est aussi le ministre de la culture, de l'artisanat et des langues. Nous avons été bien accueilli par la population, l'adjoint au maire est venu nous parler et nous avons été de toutes les festivités pour le 14 juillet sauf qu'il était difficile d'approcher des "petits fours" pour le cocktail offert ! L'ile est aussi tres belle avec ses pics magnifiques et nous aurons pu faire une balade à pied en passant tres pres et par chance ils étaient dégagé ce jour la. C'est vrai que nous avions attendu aussi la fin des pluies ! Le petit port est bien protégé, on est accueilli par le gendarme qui nous dit de nous rapprocher et nous y sommes restés la moitié du temps seuls. Ce matin les 3 bateaux sont partis. On dit que la saison des voiliers aux Marquises se terminent, il y a encore de la route avant Tahiti et les non français doivent quitter le territoire avant la saison des cyclones. Sur le réseau du Pacifique on entend les bateaux français qui ont fait leur année partir vers l'ouest, on suit avec interet ! Sur RFO on nous donne chaque heure ou presque la météo sur chaque archipel. Nous entendons qu'il fait souvent mauvais sur les Australes et les Gambier. C'est l'hiver austral et les Gambier sont beaucoup plus sud. En ce moment il y a du Mara'amu mais il ne semble pas tres fort. Nous voici donc en direction de Nuku Hiva, la dernière ile que nous visiterons car en cette saison il y a presque toujours de la houle du sud et tout ce qui est mouillage au sud est rouleur, ce qui est le cas pour l'ile plus à l' est de Ua Huka, pourtant tres sauvage, même les chevaux.... Enfin un séjour est prévu dans la baie d'Anaho au nord... Nuku Hiva où nous espérons pouvoir remplir nos bouteilles de gaz et où nous avons pas mal de pluies mais.... internet par Wifi à bord. Le Pacifique me plait beaucoup. Pas de vol ou d'agression, des gens agréables, heureux de leur sort, et pas beaucoup de monde comme dans les Caraibes ! Nous aurons sans doute des changements sur Tahiti ? Papeete et Tahiti n'ont rien d'exceptionnel mais c'est une escale technique. Nous avons retrouvé Patrick notre électricien du Marin qui s'est installé ici. De Panama ils sont allés sur les Gambiers puis aux Marquises où ils ont passé la saison des cyclones. Ensuite Tuamotus et Papeete. Il faut savoir que en quittant les Marquises pour les Tuamotu il faut viser le plus à l'est possible pour pouvoir ensuite faire les atolls sans lutter contre le vent et la houle. Odilon avait tres bien prepare son parcours. Beaucoup de bateaux papétisés et résidents vont passer la saison des cyclones aux Gambiers ou aux Marquises. C'est un aller contre le vent mais ça se fait plus facilement que le passage du cabo de vela !! Tout de même je maintiens que le Pacifique est grandiose par rapport aux Caraibes. Un tri est fait parmi les navigateurs, 3 bateaux dans un mouillage aux Tuamotus c'est beaucoup et il y a beaucoup de place, on ne craint pas les vols là bas, les gens ne sont pas agressifs et plutot généreux dès que le contact est établi... à bord de "Captain-Punch II" par 24° S et 147°30' W Francine François ffrigaud@gmail.com 07-12-2008 A notre arrivée en Polynésie nous avons passé plus d'un mois dans les MARQUISES, puis traversé sur les TUAMOTU ou un fort Maramu nous a bloqué dans un atoll pendant plus de deux semaines, mais nous étions dans un lieu paradisiaque. Puis deux mois passés trop vite à PAPEETE, accueillis par des amis navigateurs, occupés aux travaux habituels de maintenance du bateau et surtout à effectuer les démarches administratives (et elles sont nombreuses!) pour pouvoir rester plusieurs années en Polynésie Française, car il y a tant à faire ici que la seule année autorisée aux voiliers français en transit nous paraissait bien trop courte ! Nous avons donc payer les taxes (20 °/° de la valeur expertisée du bateau, mais bateau ancien donc acceptable, trop cher bien sûr! ) pour importer le bateau, et fait toutes les démarches administratives pour être résidents en Polynésie Française. Nous nous plaisons en Polynésie, peu de voiliers, des gens accueillants, on nous offre des fruits, pas de problèmes de sécurité, cela change de la Caraïbe! Par contre on est loin de l'Europe et les prix sont ici très élevés. De Tahiti aux Australes et Gambiers. Francine François, à bord de "Captain-Punch II" par 24° S et 147°30' W Bien arrivés dans l'île de RAIVAVAE, Archipel des Australes, à 400 miles dans le SSE de Tahiti, après 66h de navigation faite en bonne partie à la voile avec un bon vent travers arrière. En cours de route quelques grains copieux et toujours de la mer pour nous rappeler que nous sommes dans le Pacifique... RAIVAVAE, petite île perdue dans le sud, mesure 8.5km de long sur 2.3km de large et culmine à 437m. Elle est entourée d'une barrière coralienne où nous sommes, devant le village principal. On y accède par une passe bien balisée. On recense 1000 habitants mais environ 250 seulement résident dans l'île, répartis en 3 villages. Une route en fait le tour, une autre la traverse. La végétation est luxuriante, routes et maisons très coquettes. Ici le climat est frais et arrosé, on ressort la couette, mais l'eau est quand même à 25°. L'île est reliée à Tahiti par un caboteur deux fois par moi. On parle de la "goélette" comme au temps où ces bateaux étaient à voiles. Samedi dernier nous avons assisté à l'arrivée de la "goélette", évènement ici! Elle reste le temps de décharger et charger et repart aussitôt. Il y a également trois liaisons aériennes avec Tahiti. Il y a une mairie digne d'une grande ville, une petite poste et une gendarmerie (3 gendarmes) qui doit fermer bientôt. Pas beaucoup d'activités, de quoi vivent donc les gens...La poste est équipé d'un ordinateur récent avec liaison Internet que l'on peut utiliser et également d'un réseau Wifi. Deux petites épiceries fournissent les produits de bases, fruits et légumes se trouvent au coup par coup chez les particuliers. Quelques pécheurs travaillent dans le lagon, mais beaucoup de poissons ont la ciguatéra et seulement deux bateaux sortent pécher à l'extèrieur (thons principalement) et actuellement le moteur de l'un d'entre eux est en réparation à Tahiti! Samedi repas organisé par le temple protestant, on achète son ticket, on prend son assiette garnie copieusement, on s'attable et on mange... avec les doigts! Ambiance bon enfant, les gens sont endimanchés, surtout les femmes avec des colliers de fleurs sur la tête. Nous avons rejoint ici 4 bateaux amis, "Ratafia" , "Pitcairn" et "Alibi" partis avant nous de Tahiti. Tous équipé de radio et utilisant Sailmail, aucun n'étant radio-amateur. Au total nous sommes 5 voiliers au mouillage,du jamais vu ici, c'est la foule! L'ambiance et l'entre aide entre les équipages sont très bonnes. Nous nous retrouvons souvent à 8 ou 10 attablés dans un de nos bateaux. Notre temps se partage entre ballades dans lîle, rencontres avec les habitants, baignade et l'inévitable travail de maintenance et de réparation sur les bateaux. Notre prochaine escale sera l'île de RAPA, toujours dans l'Archipel des Australes, à 300 miles dans le SE. Dans cette île il y a bien une poste mais sans connection Internet, il n'y a pas d'aéroport., ravitaillement et transport de passagers se faisant par la "goélette" une fois par mois. Nous attendons une fenêtre météo favorable pour entreprendre cette étape et les prévisions ne sont pas bonnes, vents forts de face et mer bien formée! L' étape suivante nous conduira aux GAMBIERS, à 600 miles dans le NE de RAPA. Là-bas il y a une poste également sans connection Internet (une est en prévision) , il ya une liaison aérienne hebdomadaire avec Tahiti et une "goélette" par mois. Ce programme est fonction des humeurs des dieux, Neptune et Eole, et peut-être sauterons nous RAPA pour aller directement sur les GAMBIERS ... Quant à nous tout va bien sauf que pendant la traverséé le modem qui nous permet d'envoyer et de recevoir les mails directement à bord avec WINLINK est tombé en panne! ff.rigaud@gmail.com 01-12-2008